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 pêchons! [Mission de rang V]

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Hyaku
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MessageSujet: pêchons! [Mission de rang V]   Jeu 18 Aoû - 2:45

Je ne comprenais toujours pas ce que foutait cette annonce dans la base spatiale d'où je venais: un type donnait une grosse somme d'argent pour une ridicule journée de travail. Mais pas un truc de mercenaire comme j'avais déjà fait par le passé, et ça n'aurait pas non plus de grosses répercussions. Le patron cette fois-ci n'était pas un de ces dirigeants pédants dont je commençais à avoir l'habitude. Pas de roi en manque d'autorité, de militaire haineux, et encore moins de politicien magouilleur. Niet. Ici, cela semblait être un pêcheur tout ce qu'il y a de plus modeste. C'est pourquoi j'avais accepté cette mission, si on pouvait l'appeler comme ça. Etre mêlée à des conflits d'intérêt, j'en avais plus que ras le bol. Et puis, ça avait l'air sympa, la pêche.

En allant vers le lieu du rendez-vous -la maison du pêcheur- je m'imaginais la tête du type: jambe de bois, pipe, borgne... J'accumulai tout les clichés possible non sans un certain amusement, m'attendant à voir apparaitre le commandant Cousteau en personne. Je n'avais jamais pratiqué la pêche auparavant, j'avais aussi rarement vu la mer, et ce que j'en savais me venais des bouquins. Au fur et à mesure que je m'approchais du lieu du rendez-vous, je vis la mer apparaitre. d'abord lointaine, elle me semblait ridicule. Mais elle prit vite de l'ampleur, révélant son immensité. Je ne me laissai pas de cette vue splendide: décidément, je sentis que j'allais enfin m'amuser, peut-être pour la première fois de mon périple. La maison du pêcheur paraissait minuscule, construite sur une petite ile perdue au miliei des vagues. A côté, quelques arbres, une grange, une embarcadère ou des bâteaux étaient amarrés. Je me posai sur l'ilot, et m'approchai de la porte. Je toquai, et j'entendis une voix dotée d'un accent particulièrement fort crier:


"Entrez!"

J'ouvris tranquillement la porte et me retouva alors face à un bâtiment qui avait sans nulle doute au moins un siècle: la technologie ne semblait pas avoir trouvée sa place dans ce lieu, peut-être même que son habitant ne savait même pas ce que ce mot signifiait. C'était simple: tout ce qui se trouvait dans cette maison venait d'une époque lointaine. En voyant la maison de l'extérieur, je pensai que c'était juste un design volontairement old school mais que l'intérieur serait tout de même automatisé. Je m'étais trompée. Les meubles, l'escalier, le plancher, tout était en bois ou en pierre. La poussière jonchait le sol et avait recouvert le mobilier d'une épaisse couche. J'étais totalement abasourdie face à ce décor. de plus, la personne qui se trouvait au milieu du salon n'était pas en reste: c'est ce qu'on appelait communément un vieux de la vieille. Il était loin du cliché imaginé quelques minutes plus tôt, mais avait un look bien à lui, et il apparaissait le fait qu'il soit pêcheur comme une évidence. Le vieillard devait avoir dans les 70 ans: il était couvert de rides, avait le dos courbé et le sourire qu'il me fit laissait apparaitre des trous béats dans sa mâchoire. Le vieillard était debout face à moi, et resta ainsi sans rien dire. Gênée par ce silence, j'allais prendre la parole lorsqu'il pris finalement l'initiative:

"B'jour, mam'zelle! Qu'est-ce que j'peux faire pour vous?
[color=yellow]- Bonjour. Je suis Hyaku, je viens pour votre annonce, pour vous remplacer lors d'une de vos journée de travail. La pêche, c'est bien cela?=violet]-*Le vieillard poussa un petit rire* V'savez, quand j'ai reçu le nom des gars qui viendront faire mon travail, j'pensais pas à une femme! Vous êtes sure que vous pourrez l'faire? V'savez, la pêche, s't'un truc d'homme!-Et pour les vieillards branlants? *Je répondis du tac au tac d'une manière un peu agressive, n'ayant pas apprécié sa remarque.*
- Ha! Désolé, mais ça fait bin trente ans qu'ma femme est morte, et j'ai jamais pu' r'parlé à une femme depuis. Mais v'savez dans l'temps, j'tais un vrai charmeur, héhé! *Le vieillard resta quelques secondes, l'air pensif, un sourire nostalgie sur le visage.* Bon! On va pas resté là à discuter, allez, v'nez, j'vais vous montrer quoi faire!"


Il sortit de la maison et se dirigea vers la grange. je lui emboîtai le pas. Ce vieillard me plaisait. Il était tout le contraire de mes précédents employeurs, et j'avais l'impression d'avoir des contacts beaucoup plus vrais. Et puis, sa manière de vivre m'intrigait. je me risquai à lui poser quelques questions:

"Excusez-moi... Mais quand je vois la somme que vous donnez pour une journée de travail, vous devez avoir beaucoup d'argent, je me trompe?
-Ouais, mais j'en ai que faire de s't'argent, v'comprenez. J'vis ici d'puis mes trente ans, mais avant d'y arriver j'm'étais fait beaucoup d'argent en trichant dans les casinos. J'tais le meilleur tricheur de tout l'casino, et croyez-moi, y'en avait des tricheurs! *Il prit à nouveau le regard pensif de tout à l'heure* Puis quand j'en ai eu marre, j'me suis installé ici avec ma femme, et j'ai emmené tout mon argent avec moi. Mais, comprenez, sur s't'ilot, l'argent s't'aussi utile qu'la feuille des arbres qu'vous voyez là.
-*J'avais envie de lui poser des questions sur sa jeunesse, qui m'intéressait au plus haut point -j'avais l'impression qu'il serait capable de me tenir en haleine des heures durant avec ses histoires- mais changeai de sujet.* Et pourquoi vous n'avez aucun objet de haute technologie, ici?
-Ah si ma p'tit' dame! J'en ai un! Un truc qui dessale l'eau d'mer pour en fair' de l'eau potable. Mais à part ça, j'en ai pas b'soin sur cette ile. Quand j'étais sur l'continent, v'savez, les voitures qui volent, les robots, j'me sentais pas à l'aise avec tous ces gadgets. S'te maison, et cette ile appartenait à mes arrières-arrières-grand-parents, vous vous rendez compte? Et à leur époque, y'en a qui disaient d'eux qui vivaient dans le passé. J'imagine pas s'que ça doit être pour moi, héhé! Mais on peut très b'en vivre lon d'tout ça. r'gardez, j'ai un jardin qui m'donne de quoi manger chaque année depuis quarante ans et la mer est pleine de poiscaille! Je vis parfait'ment bien!
-Et vous voyez beaucoup de personnes?
-V'savez, j'ai plus beaucoup d'notion d'temps depuis qu'ma femme est partie. Mais entre son décès et votre arrivée, j'ai vu une fois mon fils, qu'j'ai eu à vingt ans avec ma femme et qu'est parti de l'ile une fois majeur, pi' j'ai aussi un ami d'longue date, qu'on s'connaissait des casinos, qu'est v'nu m'rendre visiste une ou deux fois. Bon! Maint'nant à mon tour de poser les questions! *Il ouvrit la porte de sa grange en grand: des centaines de cannes à pêche étaient accrochées, de taille, de matière différente.*Les filets mécaniques, cannes à pêche automatique, s'd'la conn'rie tous ça! Rien n'vaut les bonnes vieilles cannes à pêche! Mam'zelle, v'là à quoi j'passe mon temps sur cette ilot quand j'suis pas en mer: je confectionne des cannes à pêche! Mais elles sont pas toute de moi, v'savez, y'en a aussi qu'étaient d'jà là à mon arrivée! Et vous m'croirez p'têt pas mais certaines d'elles sont à peine usées! Bref, v'savez pêcher?
-Je vous avouerais que non...
-Alors pourquoi est-ce que z'avez répondu à l'annonce ma p'tit' dame! Quand on sait pas pêcher, on remplace pas un pêcheur pour sa journée de travail bon sang! Comment j'vais m'débrouiller, moi, maint'nant!
-Ah, mais non, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un problème! *Répondis-je, un peu honteuse et confuse suite à cette évidence.* Je... Je saurais me débrouiller...
-Et comment qu'vous comptez vous y prendre alors?
-Euh... Le ki, vous conn...
-Bien sur que j'connais, j'arrivais à faire décoller mes pieds de dix centimèt' du sol plus jeune, héhé! *A nouveau, le regard pensif* Z'êtes une genre de professionnel dans s'domain'là? Bon.. J'vous file quand même une belle canne à pêche, z'allez voir. Tenez... *Il prit une canne à pêche parmi tant d'autres* Cell'là, s'sans doute une des meilleures que j'ai jamais faite, vous l'utilis'rez comme vous voudrez. Aller, j'vais vous montrer l'bateau."


Il me donna la canne à pêche et je la pris, quelque peu confuse de ne pas savoir comment m'en servir. Puis il me guida vers mon bâteau. Il me demanda d'y monter, ce que je fis: c'était un vieux bâteau, lui aussi, mais il avait l'air solide. Lui aussi. Il n'y avait qu'une petite cabine au milieu ou l'on pouvait s'abriter lorsqu'il pleuvait, le reste était vide, mis à part une chaise sur laquelle le vieillard devait s'asseoir pour se détendre. Avant qu'il ne largue les amarres une question me vint à l'esprit et je la posai spontanément:

"Pourquoi cette mission? Euh, je veux dire... Vous ne pouvez plus pêcher, ou...
- Ca fait un an que j'dois m'priver de poisson, et j'sens qu'j'vais bientôt rejoindre ma chère femme, v'savez. J'peux plus pêcher comme avant, j'en ai plus la force. Mais avant d'clamser j'aimerais quand même goûter un peu de poiscaille, v'savez. Et puis, j'voulais voir un peu d'monde avant aussi. Disons qu'cette mission comme vous l'appeler, c'est que j'puisse mourir heureux, héhé! Eh, dites-moi, ça vous dirait d'manger avec moi s'soir, après qu'vous soyez rev'nu? J'du bon vin que j'garde quand quelqu'un me rend visite.
-Ce sera avec plaisir."

L'histoire de ce vieillard m'avait beaucoup touché, et je me sentais enfin véritablement à l'aise quelque part. Je sentais que pour cette journée, j'allais oublier toutes mes idées morbides qui me trottaient dans la tête depuis le début de mon voyage. Le vieillard se baissa pour détacher le bâteau, lorsqu'il s'arrêta soudainement.

"Quoi? Vous vous êtes bloqué le dos?
-Non... Mais j'ai oublié... Vous s'rez deux à aller en mer aujourd'hui. y'a un Juha qu'est censé v'nir. J'espère qu'y pourra vous apprendre quequ'trucs avant qu'vous ferriez du poisson.
-Juha vous dites? *Dis-je avec un certain amusement.* Dans ce cas, vous allez encore avoir une surprise, et ce, dès qu'il arrivera..."

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Juha
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MessageSujet: Re: pêchons! [Mission de rang V]   Jeu 18 Aoû - 22:06

La tête bourrée d'images, Juha achevait son voyage de plus d'un mois avec optimisme. Dans un élan de folie, il avait fondé le clan dont il rêvait, la bande de fous capable de renier l'ordre, « bon » ou « mauvais », au profit du seul chaos vif et créateur... pour disparaître le jour suivant.
Il fallait dire qu'il avait reçu une missive alarmante de la part des Kovorans, qui constituaient son principal réseau d'information. Il y avait de l'agitation sur quatre planètes importantes, à savoir Dark, Aegis, Mercenary et Célestia. A ce que l'on racontait, le tyran qui les maintenait dans la servitude avait abdiqué, sans raison apparente... Soucieux de voir un danger s'abattre sur Oblivion avant l'heure, le fauve était donc parti dans l'urgence, et s'était rendu sur chacune des planètes concernées pour collecter quelques informations.
Il ne parvint pas à savoir grand chose, en définitive, sinon que les dites planètes, libérées du joug qui les tenait au calme, étaient pour la plupart en pleine guerre civile. Sur Dark, c'était un bouillonnement de créatures déchaînées qui, plus hideuses les unes que les autres, s'affrontaient jour et nuit; sur Célestia, les anciens habitants ayant été victimes d'un génocide, l'ambiance était à la reconstruction; sur Aegis, la guerre était totale; quant à Mercenary, les habitants, affaiblis par les deux tyrannies qu'ils avaient du subir à la suite, se laissaient aller à leurs vices dans la plus grande décrépitude.

La situation n'était guère brillante, mais Juha retenait surtout que, dans l'immédiat, le danger ne planait pas sur Oblivion. Et puis, il y aurait peut-être des chances pour qu'il récupère d'anciens hommes de main du tyran déchu, pour peu qu'ils portent en eux un peu de folie... A cette fin, il s'était amusé à faire du prosélytisme un peu partout, usant de ses talents d'orateur qui n'étaient plus à démontrer.

Mais le temps du retour était venu. Jugeant cependant la situation suffisamment inoffensive, le fauve décida de s'offrir le luxe d'un dernier voyage sur une dernière planète inconnue, dans le cadre d'une mission agréable et aisée. Il l'avait bien mérité, après tout ! Et puis, ce n'était que l'affaire d'une journée... D'une journée de pêche sur Mizu no Yami, la planète aux eaux troubles. Pas de combat, pas de rivalités entre dirigeants oisifs et belliqueux, pas d'engagement à prendre et à retirer au dernier moment... Juste une bonne promenade en barque, quelques poissons, et hop ! Une petite bourse de zénies, qui rattraperait sans doute un peu son absence aux yeux de sa petite troupe tout juste formée...

Après avoir déposé sa capsule, l'Oblivien se mit donc en route fort joyeusement en direction d'une petite île... Ile au sein même de laquelle il ne tarda pas à ressentir une curieuse odeur, reflétant une puissance assez considérable, très proche de la sienne... Et cette fragrance ne lui était pas inconnue. Mais les embruns, et leur parfum de sel, faussait son flair pourtant bien affuté. Impossible de déterminer la race, et l'identité de la personne à qui elle appartenait de droit.

Cependant, la petite maison du pêcheur était en vue. Ancienne chaumière, au toit sans doute relativement récent, qui rappelait fortement au vagabond l'allure des huttes des Obliviens de l'ouest, qui étaient du reste tous pêcheurs.
En y repensant, d'ailleurs, le fauve se souvint brutalement d'un détail : il ne savait pas pêcher, étant lui-même originaire de l'est, région qui ne connaissait pas la mer, et vivait par conséquent sans elle.
C'était certes ennuyeux, mais ce n'était pas cela qui allait arrêter le brave Juha dans son élan. Plein de confiance, truffe au vent, il se mit en quête de son employeur. C'était facile. Les deux odeurs se trouvaient exactement au même endroit. Mais au dernier moment, le fauve se figea. Il venait de reconnaître l'un des deux parfums : il n'y avait aucun doute possible, c'était Hyaku !

Dissimulant d'un bond agile sa présence dans l'ombre de la modeste demeure du pêcheur, le fauve eut un léger rire sardonique. Une vieille connaissance, et quelle vieille connaissance ! Certainement l'un de ses plus beau souvenirs de l'époque où il n'était qu'un esclave à la solde de Ginyu, que cette mission exécutée aux côtés de la jeune sayenne ! Du reste, sayenne, l'était-elle réellement ? Si tel était le cas, elle devait avoir échappé au formidable conditionnement de son espèce, ce qui suffisait amplement à la rendre exceptionnellement aimable à ses yeux. Et puis, il n'oubliait pas la sensibilité et la hardiesse dont elle avait su faire preuve, en se retournant contre leur employeur du jour, personnage aussi pédant que lâche et tyrannique.

Il prêta, depuis sa cachette, une attention discrète à la discussion qui se déroulait, cherchant à faire son entrée avec panache. Depuis le temps, il avait appris de nouvelles transformations, dont certaines pouvaient provoquer des réactions amusantes. S'il arrivait en ours, par exemple... Pour la pêche, c'est excellent, l'ours ! Mais il y avait risque que la barque coule, ou soit déstabilisée par le poids... Ou même que le malheureux pêcheur face une attaque.
Il pouvait également débarquer sous forme de condor et se poser avec grâce et délicatesse sur le vieil arbre mort sous lequel se tenaient la jeune femme et son compère... Mais avec sa masse corporelle, il y avait de fortes chances que le tout cède brutalement, emportant du même coup la grâce et la délicatesse...
Oh, et puis, dame ! Le mieux serait encore d'opter pour la forme humaine. Le pêcheur, averti par Hyaku, s'attendrait à voir débarquer une drôle de créature : il serait surpris de tomber sur un terrien, poilu ou non. Quand à la sayenne... Eh eh ! Le reconnaîtrait-elle seulement ?
Enhardi par la perspective d'une aimable plaisanterie, le fauve ferma brièvement les yeux, et concentra son ki dans les zones malléables de son corps. En quelques secondes, sa puissance avait largement augmenté, mais surtout, il se tenait accroupi, une forte tignasse tressée tombant sur l'armure flexible qui dissimulait sa nudité. Un peu de tenue et de délicatesse n'entachait en rien le bonhomme !

Tout heureux de sa plaisanterie, il fit le tour de la maison pour donner l'impression d'arriver tout juste, et se présenta face au pêcheur, en tendant une main aussi velue que bienveillante.


-Bien le bonjour, mon ami ! Je m'appelle Juha, je viens pour la pêche...

L'air légèrement étonné, le pêcheur haussa les épaules. [/color]

-Eh ben, diou ? Moi qui m'attendait à êt' surpris, parbleu ! Vous avez l'air d'un solide gaillard, mais un gaillard tout d'même ! La bienv'nue, Juha ! J'vous présente vot' partenaire, que vous d'vez déjà connaître, d'après c'qu'elle disait : Hyaku. J'vous préviens, s't'une originale, elle risque de pêcher d'façon guère orthodoxe... 'fin, vous verrez par vous même !

[i]Saisissant l'occasion, trouvant la situation on ne peut plus amusante, le fauve feignit l'ignorance, et s'inclina face à la jeune femme, jouant les garçons bien élevés et peu entreprenants.


-C'est un honneur. Mais honte à moi ! C'est bien la première fois que je fais cette rencontre. Juha est un prénom relativement courant... Vous devez m'avoir pris pour un autre, Hyaku.

Le pêcheur, étonné de voir de telles manières, qui sonnaient d'ailleurs faux, renouvela ses explications, et confia une belle canne à pêche en bois d'orme et de chêne liège pourvue d'un beau moulinet chromé au nouvel arrivant.

-J'dois quand même vous prév'nir d'une chose, les p'tiots. Les gars du coin, ils sont pas ben nombreux, mais ce sont d'sacrés affreux, c'est moi qui vous l'dit ! Dites leur que vous pêchez pour moi, le vieux Georges ! S'ils vous embêtent de trop... ben vous gênez pas, faites leur donc boire la tasse ! Ah, 'puis c'est rare, mais ça m'est arrivé d'attirer de gros morceaux... 'Fin, faites attention à vous, et que l'bon Dieu vous garde !

Prenant les rames, Juha s'installa au centre de l'embarcation, et commença à ramer, en riant intérieurement de tous ses crocs. Hyaku, sans doute légèrement interloquée, n'avait pas encore réagit... Mais une chose était certaine : aussi longtemps qu'elle marcherait (si elle marchait encore), le petit jeu continuerait.


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Hyaku
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MessageSujet: Re: pêchons! [Mission de rang V]   Jeu 18 Aoû - 23:58

Mon compagnon ne mit pas beaucoup de temps à arriver: seulement, il n'avait pas l'apparence à laquelle je m'attendais. Je m'attendais à voir une sorte de fauve débarquer, et m'imaginait déjà la réaction du vieillard, surtout lorsque le fauve en question se mettrait à lui dire qu'il vient pour la mission. Mais à ma grande surprise, ce qui arriva n'avait pas l'apparence d'une bête, mais d'un humain. C'était un homme tout à fait normal qui s'approcha du vieillard pour lui tendre la main et expliquer la raison de sa venue. Son nom était bel et bien Juha... Il s'adressa poliment au vieillard, puis à moi. Ce fut ensuite sa manière de s'exprimer qui aiguisé ma curiosité: beaucoup trop poli au vu de sa dégaine. Je lui répondis de manière volontairement opposée pour voir si sa réaction trahirait une quelconque comédie:

Ouais ouais, surement. Mais on peut se tutoyer, tu sais. *Enfin, d'un air ironique, un léger sourire en coin de la bouche* T'as pas la tête de quelqu'un qu'on vouvoie, et encore moins celle de quelqu'un qui vouvoie les autres."

Le vieillard donna quelques explications supplémentaires, nous prévenant qu'il serait possible de rencontrer d'autres embarcations, mais je ne m'en préoccupais pas réellement. Par contre, en ce qui concernait les prises, j'avais bien l'intention de m'amuser: je m'imaginais déjà plongeant dans l'eau et ramener des bêtes faisant dix fois ma taille, et en attraper ainsi des dizaines. J'aurai bien voulu essayer avec la canne à pêche, mais je ne m'y connaissais pas. Je me dis toutefois que j'essaierais au moins juste une fois, consciente qu'il y avait des chances que je la casse avant même de pouvoir l'essayer. Juha sur le bâteau, le vieillard le détacha et nous fit un signe de la main avant que nous ne prenions le large. Mon compagnon se mit à ramer et très vite, le bâteau prit de l'allure. Je n'avais même pas besoin de l'aider: le "gaillard" semblait très bien se débrouiller tout seul. je décidai alors de m'essayer à la canne à pêche. Avant cela, je pris ma pipe, la bourrai de tabac et l'alluma. Puis, tout en prenant l'objet qui m'était étranger, je m'adressai à Juha d'un air détaché:

"Dis Juha... Tu sens le fauve... *au bout de ma canne à pêche se trouvait une sorte de petit crochet: je suppose que le poisson était censé mordre dedans et être ainsi pris au piège.* Je sais pas comment t'as fait, mais j'suis sur que c'est toi. On peut pas m'avoir comme ça, tu sais, *Fis-je avec un sourire en coin de la bouche. Je tirai une bouffée de ma pipe, puis alla chercher dans la petite cabine: il devait surement y avoir un truc à mettre au bout du crochet pour attirer le poisson.* Je sais pas comment t'as fait, mais c'est bien joué. J'aimerais pouvoir changer de forme, moi aussi, mais à part lever mes cheveux et les faire briller avec des éclairs autour -ce qui est déjà bien malgré tout-, je peux pas faire grand chose... *Je disais cela tout en me dirigeant vers la cabine: il y avait dedans un bocal avec poissons morts dedans. Bingo. J'en pris un et tentai de l'accrocher au crochet tout en continuant de parler.* C'est la première fois que que tu pars à la pêche? Je sais pas comment me débrouiller avec ce truc... Après j'suppose qu'il faut jeter le crochet avec le poisson mort dessus, non? Ca a l'air simple... *Je pensai que je saurai me débrouiller avec la canne au pêche. Que je pourrai au moins essayer. Après m'être organisé avec ma canne à pêche du mieux que je le pouvais, je tendis ma pipe à Juha:* Tu veux fumer?"


***

Le vieillard, après avoir longuement regarder les deux jeunots partir sur son bâteau, poussa un soupir et retourna s'asseoir sur une chaise dans sa maison. Il avait commencé une autre canne à pêche, et en était pour l'instant à tailler un gros bout de bois pour qu'il prennen petit à petit la forme d'un long bâton souple. Il prit son couteau, et, minutieusement, se mit à son travail d'orfèvre losqu'il entendit frapper à sa porte. Décidément, alors qu'il n'éavait vu personne depuis plusieurs années, trois personnes venant chez lui lui faisait énormément d'animation. Il cria que le nouvel arrivant pouvait entrer, continuant sa canne à pêche. Il entendit la porte s'ouvrir et des bruits de pas approcher. Il se leva à son tour pour accueillir le visiteur: c'était un homme qui avait son âge , mais il avait l'air toutefois beaucoup mieux conservé que lui. Il le reconnut au premier coup d'oeil: c'était lui aussi un pêcheur, mais loin d'être le meilleur des pêcheurs. Très loin, même. Toutefois, il ne vivait pas que de ça. Lui et le vieillard s'étaient connus dans les ruelles de la capitale de Mizu No Yami, et ils avaient monté ensemble des magouilles pour se faire de l'argent facile au casino. Cependant, alors que le vieux Georges s'était retiré encore jeune, lui avait continué les magouilles pour être à la tête de plusieurs casinos il y a encore une petite dizaine d'années. Trempant dans nombre d'affaires douteuses, il avait fini par tout perdre et à mener une vie de débauché. Il était alors venu rendre visite à son vieil ami pour lui emprunter de l'argent. Ce jour-là, le vieux Georges et lui avait discuté des heures durant, parlant de tout et de rien, mais aussi d'argent. Georges avait alors parlé ainsi à son ami: "T'inquiètes pas mon gars, si d'ici ma mort -qui, ma foi, ne saurait tarder- tu t'es toujours pas r'fait, tout l'argent qu'j'ai accumulé pendant ma jeunesse, et ben il s'ra à toi."Et son ami l'avait cru. Appartenant à une autre espèce que celle de Georges, il avait une longévité deux fois plus longue, et en attendant que cet argent lui revienne il s'était reconvertit dans la pêche. Les liens d'amitié qui existaient autrefois entre eux avaient totalement disparu. L'ex-ami donc, qui se nommait Alex, s'adressa à son ancien ami:

"J'ai eu vent de l'argent qu'tu donnais en récompense pour ta missions... Merde, georges, tu sais bien qu'j'en ai besoin, moi, de cet argent! Tu m'avais promis de te le donner lorsque tu décèderais!
-T'peux b'en vivre de la pêche Alex, ça t'réussirait mieux qu'de r'tourner jouer au mafieux! J'décidé qu'cet argent t'en avais pas b'soin, ça t'as rendu total'ment fou. J'te r'connaissais mêm'plus la dernière fois qu'on s'est vu, et j'avais dit ça sous l'effet d'l'alcool, tu l'sais bien!
-C'est la vie qu'j'veux mener, et c'est la vie qui me plait, je veux pouvoir retourner dans la capitale pour me remettre à mes affaires, ce n'est pas la peine de me juger! Mais pour la reprendre, j'ai besoin de ton argent... Tu sais bien que je ne suis pas fait pour la pêche... *Alex prit un air plus dur* Ou as-tu caché l'argent? Cet argent m'appartient, et je n'accepterais pas que tu le donnes à quelqu'un d'autre. Alors donne-le moi. Je suis venu ici pour ça, tant qu'tu ne l'as pas refilé aux types qui sont partis pêcher pour toi. De toute façon, l'engagement que tu as avec eux ne tiendra plus très longtemps... Même si j'ai touché le fond, j'ai promi une somme d'argent à des camarades pêcheurs -de l'argent qui viendra de celui que tu étais censé me donner- pour qu'ils fassent en sorte que ton bâteau ne revienne jamais à bon port... Cela risque fort d'être le cas si tu ne me dis pas ou tu planques ton fric, alors réponds, je t'en supplie, je ne tiens pas à créer plus d'embrouilles qu'il n'y en a déjà!"


***

J'avais beau essayer, la canne à pêche, ce n'était pas fait pour moi: j'avais réussi à jeter le fil, avec le crochet et le poisson mort au bout avec succès, mais m'était ensuite rendu compte qu'il me manquait un atout pour être une bonne pêcheuse: la patience. J'aimais ne rien faire, et je prendrais plaisir à m'écrouler sur le pont du bâteau et me mettre à fumer pendant des heures en regardant le ciel, mais rien que le fait de devoir surveiller un poisson en même temps m'ennuyait. J'aimais ne rien faire, mais paradoxalement, je détestais m'ennuyer. Je remballais donc ma canne à pêche au bout d'un quart d'heure et m'envola au-dessus de l'eau, afin de repérer les grandes auras grouillant sous l'eau pour en faire mon affaire. Je m'adressai à Juha:


"Juha? J'te laisse la canne à pêche, j'ai pas la patience nécessaire. Tu crois qu'tu peux te transformer en poisson pour aller les choper? Ca serait quand même vachement prat..."

Je sentis soudain une puissance sous l'eau s'approcher de moi à grande vitesse. Puis elle sortit de l'eau: de cette taille-là, ce n'était même plus un poisson, c'était un monstre! La créature faisait bien vingt fois ma taille, et sa mâchoires n'en finissait plus de rangées de dents acérées. cela ressemblait à un requin au proportions totalement absurdes, dotées de puissantes nageoires couvertes d'une peau qui semblait aussi épaisse que la plus résistante des armures. J'esquivais le coup de justesse, et le mastodonte retomba dans l'eau. Il allait revenir à la charge. J'allai me préparer à l'affronter, lorsque je sentis aussi plein d'autres puissance arriver. En regardant au loin, j'apercevais différents bâteaux arriver. D'autres pêcheurs? Avec eux et l'énorme monstre, cette journée de pêche risquait d'être mouvementée...

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Juha
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MessageSujet: Re: pêchons! [Mission de rang V]   Sam 20 Aoû - 0:33

Riant silencieusement à s'en étouffer de son petit subterfuge, Juha avait arrêté de ramer. La barque était à présent située à une distance fort honorable du rivage. L'on ne distinguait pas le fond, malgré la clarté de l'eau. Comme il sentait sa peau s'humidifier, sous l'effet de l'air marin, le fauve se félicita d'avoir choisi la forme humaine. Au moins, il n'aurait pas à supporter le sel dans les poils, et les démangeaisons qui l'accompagnait comme une sœur fidèle !
Hyaku s'était saisi de sa canne à pêche, comme s'il s'agissait d'une arme tout à fait inconnue et surréaliste. Mais, pas troublée pour un sou, elle s'était mise à bourrer sa pipe, tout en révélant à son compagnon qu'elle n'avait pas été dupe une seconde... Même si la surprise avait été de taille.
Cette fois ci, l'oblivien riait pour de bon, et à gorge déployée, de son bon rire rauque, si communicatif. Il accepta le tabac avec plaisir. La plante ne poussait pas sur Oblivion, mais on y trouvait en revanche en quantité l'écorce rouge d'un petit arbuste, que la plupart des gens du sud et de l'est aimaient fumer en mélange avec du tilleul et des feuilles de cassis. Chaque région avait sa variante favorite, selon ce qui poussait le mieux.
Mais l'herbe à pipe que connaissait Juha n'avait pas grand rapport avec le tabac, mélangé à quelque chose de tout aussi inidentifiable à ses yeux. Yeux qui ne tardèrent d'ailleurs pas à lui piquer fortement, tandis qu'il se sentait pris d'une quinte de toux violente, sous les rires de Hyaku.
Lorsqu'il parvint à se reprendre, il rendit la pipe à sa propriétaire, sans le moindre regret.


-Tant pis pour moi, la prochaine fois, j'amènerais un peu d'herbe à pipe du pays. Moi qui avait entendu des éloges en n'en plus finir sur le tabac ! Arf, on m'y reprendra guère !

Tout en essayant de se souvenir des quelques témoignages qu'il tenait des gars de l'ouest qu'il avait rencontré, tous d'excellents pêcheurs, Juha sonda le fond avec un plomb accroché à l'hameçon, avant de régler la hauteur du bouchon. C'était plus simple que ce à quoi il s'attendait. Dans la caisse située au fond de la barque, la sayenne avait récupéré un poisson mort, qu'elle avait accroché, et balancé à l'eau... Le fauve eut un large sourire, en constatant que le malheureux paquet d'arêtes flottait à moitié en surface, laissant peu de chances aux prédateurs de s'intéresser à sa défunte dépouille.
De son côté, il parvint à récupérer un petit poisson encore vif, qu'il accrocha à la lèvre supérieure avec d'infinies précaution à un hameçon triple. Ses mains humaines le rendaient encore plus habile qu'à l'accoutumée, ce qui présentait un avantage non négligeable. Cependant, il avait gagné trop d'assurance : lorsqu'il lança sa ligne, le fil vint s'enrouler autour d'une rame, en un épouvantable sac de nœuds. Ah ! Ils faisaient la paire, les apprentis pêcheurs !
Cependant, tout en bricolant, Juha s'était remis à parler. Depuis le temps qu'il n'avait plus eu l'occasion de discuter avec la jeune femme ! Avait-elle, d'ailleurs, trouvé le petit message qu'il lui avait laissé, sur sa capsule, avant de quitter Célestia ? Pour l'heure, peu importait, il poserait la question en temps voulu, et si cela lui chantait !


-... c'est que de l'eau est passée sous le pont, depuis qu'on ne s'est vus ! Les Obliviens sont ce que certains appellent avec une belle faute de goût des « métamorphes ». Nous sommes tout simplement capables de prendre différents aspects, du moment que nous respectons notre taille originelle... Seul le poids peut varier. Pour tout te dire, j'ai hésité à débarquer sous ma forme d'ours, mais avec cette pauvre barque...

Les nœuds étaient d'autant plus périlleux à défaire que le vif, excité par l'eau toute proche, s'était mis à jouer à la corde à sauter avec le fil de pêche. Cependant, Juha faisait de son mieux pour tout remettre en état, avec la patience de l'ancien sous-fifre qu'il était.

-Entre nous, tu devrais retirer la crevure qui pend au bout de ta ligne, tu risques d'attirer les mouches jusqu'ici... Ou les mouettes, à défaut. Et je ne tiens pas à affronter une grêle de fientes, avec ou sans ma fourrure !

Tout à son travail d'orfèvre, qui touchait à sa fin, le fauve ne s'aperçut même pas de l'arrivée des pêcheurs hostiles. De toute manière, son flair, faussé par la forte odeur de iode de la mer, avait tendance à l'isoler. Il fallut qu'une vague, provoquée par l'émergence d'un véritable monstre marin, manqua de renverser la barque, le matériel et lui avec, pour qu'il daigne se retourner. Alors, un long cri de surprise s'échappa du fond de sa gorge. A quoi tout cela rimait-il ? D'abord, la paix, la mer, la pêche, et cinq minutes plus tard, la bataille rangée face à une bande de truands qui ne ressemblaient en rien à des pêcheurs, malgré leurs petites embarcations, et cet énorme requin qui avait manqué d'avaler Hyaku comme une dragée.
Hésitant un bref instant à fermer les yeux, et à faire comme si rien ne se passait, histoire de profiter enfin de sa canne à pêche fraichement remise en état, Juha finit par envoyer le tout rouler dans la barque, avec un juron – juron qui s'acheva par un cri de douleur : l'hameçon à triple branche s'était pris entre son pouce et son index, jusqu'à la butée. Tirer revenait à arracher les chaires. Mieux valait régler le problème des troubles-fêtes, et aviser ensuite.
L'oblivien s'empara donc de l'épée qui, dissimulée dans son armure souple, ne le quittait jamais, et coupa le fil. La douleur était pénible, mais au moins, il ne risquait pas de perdre l'hameçon. Il prit tout de même la peine d'ôter le malheureux vif qui se débattait contre sa main, et même de le remettre à l'eau. Il manquait d'énergie, et n'était plus bon pour la pêche. Mieux valait qu'il récupère, grossisse, et soit repris le jour où il saurait faire la joie d'une table.


-Les gars ! Eh, nous sommes des amis du vieux Georges, nous pêchons pour lui ! Vous en faites pas, nous n'avons pas l'intention de mettre à sac le coin ! Vous pouvez rentrer tranquilles, parole de...

Mais une détonation se fit entendre. Une balle frôla la joue mangée de barbe du fauve, qu'il ne parvint à esquiver que par l'entremise d'un remous provoqué par l'énorme bête qui faisait face à Hyaku. Dans un mouvement lisse, l'agressé se redressa, et bondit dans les airs pour prendre son vol. Sa forme humaine le lui permettait, et c'était un véritable plaisir. Sans chercher à comprendre, il atterrit droit sur l'homme qui avait tiré, et l'envoya en mer d'un simple coup de pied en piqué. Mais une dizaine de fusils s'étaient braqués sur lui. Votre peau a beau être résistante, avouez que ça intimide...

-On peut savoir ce qui se passe, ici ?
-T'occupes, le barbu !

Plusieurs coups partirent, mais Juha avait déjà quitté les lieux. Un par un, il envoyait les hommes par le fond, en ayant l'air de s'amuser follement, malgré l'hameçon qui lui mordait la chaire. Il ne frappait même pas violemment, juste assez pour humilier ses agresseurs, leur faire boire la tasse, et leur faire saisir leur nette infériorité. Car il avait enfin pu sentir leurs odeurs, et son nez avait été formel : même tous ensemble, ils étaient tout à fait incapables de lui causer moindre blessure.
Lorsque tous se retrouvèrent à tremper dans le même bain, le fauve regagna son embarcation, sans prendre la peine de frapper davantage, espérant simplement qu'ils repartiraient d'où ils étaient venus. Ils n'était pas venu pour se battre, mais pour pêcher. Ce fût donc avec une application nouvelle qu'il entreprit d'ôter l'hameçon de sa plaie, à peine dérangé par les vagues que continuait de causer le requin, qu'affrontait Hyaku.
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MessageSujet: Re: pêchons! [Mission de rang V]   Sam 20 Aoû - 21:27

Je voyais son ombre onduler sous l'eau. Je me préparai à la moindre attaque de l'ennemi. De toute façon, la bête n'allait pas faire long feu: j'avais beau m'en méfier, j'étais bien consciente qu'il n'était pas de taille face à moi. Toutefois, le fait qu'il soit dans un environnement qui lui soit largement favorable et que je ne connaisse pas du tout suffisait à me rendre attentive au moindre de ses mouvements. Peut-être pouvait-il changer de forme, voler, ou je ne sais quoi encore! C'était la première fois que j'affrontais ce genre de choses, et je devais m'attendre à tout. Juha, quant à lui, avait des adversaires à l'apparence humaine: des pêcheurs armés de fusil qui voulaientr nous éliminer. Quoi de plus normal que ce genre de situation en pleine mer? Au vu de leurs auras, nul doute que mon compagnon n'allait en faire qu'une bouchée. Je serais inutile si je prenais part à ce combat. Pour l'instant, je préférais me concentrer sur le monstre qui rôdait juste en-dessous de moi. Il se déplaçait à grande vitesse, et n'allait pas tarder à ressortir de l'eau. A ce moment-là, je l'esquiverais et l'éliminerait en lui donnant tout d'abord un coup de pied montant pour éviter qu'il ne le retombe à l'eau, puis je n'aurais qu'à lui envoyer une boule de ki en pleine tête pour le tuer. Mon plan -aussi minimaliste soit-il- n'avait de toute façon aucune chance de rater, à moins que le poisson n'ait quelques surprises en réserve, auquel cas je n'aurais qu'à esquiver et, pourquoi pas, aller le chercher dans l'eau moi-même. Puis quelques secondes passèrent, et le monstre n'attaqua toujours pas. Il opta plutôt pour une solution à laquelle je n'avais pas pensé: il s'enfonça dans les profondeurs sous-marines, son ombre à la surface de l'océan se rétrécissant jusqu'à vite disparaitre, me laissant seul, flottant quelques mètres au-dessus de l'eau, abasourdie. Peut-être reviendrait-il... Dans quel cas, je prendrais bien soin de m'en occuper, et il n'aurait alors aucune chance de filer. Un peu déçue, je remontai sur le bâteau. juha s'était visiblement occupée des "pêcheurs" en les envoyant valser au loin. J'en apercevais un accroché à la coque de bâteau -bâteau qui lui était totalement retourné- s'en aller à la dérive. La confrontation avait été très rapide, et je ne l'avais même pas remarqué, trop occupée avec ma prise. Je m'assis sur le pont du bâteau en poussant sun soupir.

"J'espère qu'il va revenir... Ce vieillard m'a dit qu'il avait plus la force de pêcher, mais qu'avant de mourir il aimerait goûter du poisson une dernière fois. Ca m'embêterais de lui ramener quelque chose qui ne soit pas digne d'un festin. *D'un air plus enjoué.* Et puis, j'aimerais bien voir sa tronche si on lui ramenait une bête d'une dizaine de tonnes..."

***

Le vieux Georges n'avait pas cédé: il n'avait pas pipé mot quand à l'endroit ou était censé se trouver son argent, et, têtu comme il était, il n'en avait de toute façon pas l'intention. Il n'avait pas peur pour les deux gaillards, ils avaient de toute façon l'air de toute façon l'air prêt à affronter n'importe quel obstacle. Et puis, Alex avait perdu du crédit depuis sa chute, et il n'avait certainement pu se trouver qu'une bande de pêcheurs fauchés et abrutis pour exécuter ses sales besognes. Alex vit qu'il ne s'y prenait pas de la bonne manières avec ses menaces, et que son ancien ami le connaissait du par coeur. Il allait passer au niveau supérieur lorsqu'il sentis son téléphone vibrer. Il le sortit de sa poche, et, tout en fixant Georges, répondit à l'appel.


"Qu'est-ce qu'il y'a?
-A... A... Alex, ces types que vous vouliez qu'on élimine... ils sont pas hu... Le correspondant buva la tasse Keuf! Keuf! Ils sont pas humains, bordel!
-Quoi? comment ça? *Alex fixa intensément le regard de Georges. Il savait à qui Alex parlait bien qu'il n'entendit pas la conversation, cela se lisait dans ses yeux et dans son sourire victorieux.* Qu'est-ce qui s'est passé bon sang?
-On... On a bien essayé, et pourtant ils étaient que deux m... *Il rebut le tasse* Keuf! on a bien essayé mais il n'a fallut qu'un seul des deux pour nous envoyer tous valser au large! et ça ne lui a même pas prit trente secondes!
-Alors... Et l'autre alors, essayez au moins de capturer l'autre et de le prendre en otage! Faites au moins ça, merde!*Le vieux Georges ne pouvait plus se retenir: il commença à rire à gorge déployée.*
-Vous rigolez? Elle était en train de se battre contre un requin géant, Alex. un requin géant, j'vous l'dis, ils sont pas humains! Et puis, on est tous séparés, là, je sais pas ou sont les autres, on est paumé en pleine mer à cause de vous! Raaah, j'en ai marre, je veux retrouver la terre ferme, on aurait jamais du s'engager avec vous bon sang! J'voulais devenir un pêcheur honnête pourtant et monter une entreprise ou je trafiquerais les poissons pour enlever les arêtes avec des produits et ou on pourrait faire... Ah... *Il avait l'air effrayé. Un grognement se fit entendre à travers le téléphone.* Aaaaaah! Aaaaaaaaaah!"


Alex fermit le clapet de son portable dans un élan de rage. Georges riait toujours. Il jeta son portable par terre de rage, puis s'approcha de Georges et l'attrapa au col:

-Cette fois, c'est ta dernière chance, dis-moi ou tu planques le fric ou ça risque de mal finir pour toi!
-Y s'est fait bouffé par un requin ou un truc du genre ton pêcheur? Ah! Vous formez une bel' bande bras cassés dites-moi! Si t'es aussi doué pour la pêche qu'pour les affaires, pas étonnant qu't'ais échoué dans les deux secteurs! J'pas peur, d'tout'façon j'vais bientôt clamser, j'te dirais rien, ça tu peux en êt' sur mon grand! Héhé!"


***


"J'ai eu beau arrangé ma canne à pêche comme tu l'as fait, Juha, ça n'y change rien. En fait je crois que les poissons ont peur de moi... j'ai bien foutu la frousse à un monstre qui faisait vingt fois ma taille... *Je poussai un long soupir et laissai tomber ma canne à pêche sur le pont du bâteau. Non, vraiment, la pêche ce n'étai pas pour moi.*Ah, au fait, mon tabac, y'avait de l'oppium dedans. Tu devrais essayer de fumer avec seulement du tabac pour te faire un avis définitif. En fait, l'oppium te met dans une sorte d'état second et... Ah! ma canne à pêche bouge!"

Je me levai d'un bond et me saisissait de ma canne à pêche et tirai dessus d'un coup sec: dans mon élan, le fil se brisa, laissant le hameçon voguer dans la mer. Je poussai un juron et me rassit dans le bâteau. Non, vraiment, pas pour moi. Il ne me restait plus qu'une seule solution pour dénicher des poissons: la plongée. Mais avant cela, une pause tabac m'attendait. Je m'emparai de ma pipe et allait reprendre la conversation avec Juha lorsque je vis une main s'agrippait à la coque du bâteau. C'était un des pêcheurs qui, prenant son élan, sauta pour atterrir directement debout sur le ponton. C'est lui que j'avais ferré: il avait mon appat dans sa bouche. Non content de se ridiculiser déjà avec cet accessoire dans la bouche, il poussait un cri de victoire qui se transformait en une sorte de "freuraaaaarghz!" qu'on aurait pu apparenter au bruit d'un animal malade, le appat dans sa bouche en étant la cause. Il était armé d'un fusil dans sa main droite. Il n'aurait de toute façon pas l'occasion de toucher le pont du bâteau. Sans même changer de place, je tirai mon pistolet de ma poche et lui tira dessus. La balle transperça le ventre du pêcheur et l'envoya valser à plusieurs mètres dans la mer. Toutefois, il n'eut pas l'occasion d'atteindre l'eau pour y pousser son dernier souffle: un monstre à la forme identique au poisson qui était parti sorti de l'eau et le goba. S'il était en apparence identique au premier monstre, la taille faisait toute la différence: je croyais avoir affronté le plus gros poissons de l'océan, et je me trompai lourdement. La créature désormais devant moi faisait bien dix fois la taille du précédent poisson.


"Olah. On dirait que le poisson de tout à l'heure était parti chercher du renfort. Juha, je crois qu'on a trouvé une prise bien trop grosse, plus grande même que l'île du vieillard..."

Le monstre allait attaquer, lorsqu'il fut attiré par une proie bien plus amusante à capturer: un des pêcheurs avait visiblement réussi à remonter sur son bâteau à moteur, et rejoignait le continent à toute vitesse. Seul problème: sur sa trajectoire se trouvait l'ile du vieillard. Le poisson, qui préférait s'attaquer à une proie qui bougeait plus, se mit alors à poursuivre le pêcheur, et celui-ci augmenta l'allure.

"Merde, l'ile du vieillard est sur sa trajectoire! Il faut vite se débarrasser de ce monstre, sinon, il serait bien capable de raser l'ile d'un coup de nageoire!

_________________

Dur de comprendre quelqu'un quand on a besoin d'une vie entière pour se comprendre soi-même! Enfin, si tu veux essayer sur moi, voilà Ce que je suis et et ce que j'ai fait!
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MessageSujet: Re: pêchons! [Mission de rang V]   Dim 21 Aoû - 16:24

A l'aide d'une paire de pinces et d'un dégorgeoir, Juha était enfin parvenu à ôter l'hameçon de sa main, non sans avoir au préalable lancé autant de jurons que de grognements de douleur. La plaie était particulièrement enflammée. Faute de mieux, il la porta à ses lèvres, tout en rattachant l'hameçon au fil de sa canne, avec d'infinies précautions. De son côté, Hyaku s'attristait : le monstre marin, qu'elle pensait visiblement ramener au vieux Georges pour son repas du soir, avait tout simplement pris la fuite. L'oblivien ricana : à la place du requin, lui-même aurait fait la même chose... C'était qu'il fallait la voir en colère, ou ne serait-ce même qu'en action, la sayenne ! Elle avait beau ne pas avoir le côté orgueilleux et bouffon de sa race, elle n'en demeurait que plus terrifiante en combat, car imprévisible.
Comme la mer redevenait paisible, si l'on se donnait la peine de faire abstraction des insultes copieuses dont les aspergeaient les pêcheurs, les deux comparses se remirent à l'ouvrage. Mais le remue-ménage qu'avait causé le grand carnassier avait dû mettre en fuite tous les poissons du voisinage dans un périmètre de deux kilomètres. Sans se départir de son sourire bon enfant, Juha s'était remis à faire la discussion.


-De l'opium ? Ah, ça me rappelle les Kovorans... Il y a des gars, au pays, qui ont recours à un certain champignon qui, une fois débarrassé de son pied et séché, donne un excellent tabac à mélanger, qui pousse à l'introspection. Ça les fait méditer. Les plus mystiques disent que ça leur ouvre des portes de communion avec eux même, leurs frères, Dieu et le monde. Si, si. C'est assez peu connu, vu que dans l'esprit des gens, les Kovorans sont avant tout des nomades aussi fiers que pragmatiques, qui passent leur temps à contrôler leurs frontières...

Cependant, l'un des mercenaires que le fauve venait d'envoyer boire le bouillon venait de sauter à bord, l'hameçon fiché dans la mâchoire. Sans autre forme de procès, Hyaku l'exécuta d'une seule balle bien placée.

-Tu aurais du prendre le temps de récupérer l'hameçon, je crois qu'il n'y en a pas de rechange. 'Puis c'est pas dit que ton requin, là...

Juha n'eut pas le temps d'achever. Un monstre vaste comme l'île du vieux Georges venait de surgir des profondeurs, et de gober le pêcheur. Repris de son éternel cynisme, sans même s'inquiéter une seule seconde, l'oblivien se mit à rire de toutes ses dents.

-Arf ! Pour sûr, celui-là, il est dans notre camp ! Regarde comme il va faire le ménage... Et il y met du cœur, parbleu !

En effet, le requin s'était jeté à la pleine force de ses gigantesques nageoires sur un pêcheur qui fuyait sur son bateau à moteur. Le mouvement, tel celui d'un vif pris de panique, l'excitait, lui faisant perdre la raison... Au point de se précipiter droit sur l'île ! Mieux valait réagir vite. Souriant par avance en songeant à la réaction de la jeune femme, Juha étendit les bras, et fit un bond prodigieux, tout en concentrant son ki dans les zones malléables de son corps. En quelques secondes, il compensait sa chute grâce au mouvement des ailes vastes et puissantes dont il jouissait, sous forme de condor.
Il devança le requin en vitesse, profitant d'un courant d'air chaud qui soufflait sur la plage. Alors, s'interposant entre le monstre et l'île, il se mit à battre des ailes sur place, avec violence, contrariant les vents. Il y eut une vague terrible, aplatie de force par la puissance de l'air. Dans son petit bateau, qui fut renversé en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, le pêcheur n'en menait pas large. Incapable de nager jusqu'à la berge, trop lointaine encore, il s'accrocha d'instinct à un gros rocher qui affleurait.
Mais une petite tornade, engendrée par les deux vents contraires, était apparue sur le monstre marin, qui fut arraché aux flots. L'homme de main se cramponnait toujours au rocher, tandis que son pantalon se faisait la malle. Il fallait le reconnaître, sa ténacité forçait l'admiration.
Alors, Juha ouvrit grand son bec de grand rapace, et envoya trois vagues de ki consécutives. Transpercé de part en part, touché à mort et bougeant toujours, tout à fait inconscient de ce qui venait de se produire, le requin retomba à l'eau, tandis que son agresseur reprenait forme humaine, sur le sable de la plage. Et il s'enfuyait !
Ah, la sagesse des pêcheurs, qui ne tuent le poisson qu'après lui avoir rendu toute retraite impossible !
Les mains en porte-voix, le fauve cria à Hyaku de l'achever, ou de couper sa retraite.
Mais derrière lui, le vieux Georges était toujours aux prises avec son cher vieux camarade, qui revenait le voler au soir de son existence... Et si Juha les ignorait délibérément, tout à sa pêche qui prenait l'allure d'une chasse, ce n'était pas le cas d'Alex, qui lâcha l'ancêtre pour saisir une arme de poing qu'il portait à la ceinture. Il vida son chargeur tout entier sur l'oblivien, qui gardait le dos tourné. N'ayant pas la peau de marbre des sayens, celui-ci fût forcé de mettre un genou à terre. Les balles avaient pour la plupart ripé sur son armure souple, mais l'une d'entre elles venait de lui perforer la cuisse, qu'il avait nue.
Heureux de voir son adversaire chanceler, Alex rechargea son arme, mais brutalement, son regard se figea, et il tomba à la renverse. N'écoutant que son courage, le vieux Georges avait saisi la bouteille d'eau-de-vie qu'il avait entrepris de rincer pendant que l'on pêchait pour lui, et l'avait fracassée sur le crâne de son ancien compagnon. L'effort le faisait haleter, mais il gardait son bon sourire de paysan honnête.


-J'ai d'quoi faire pour vot' jambe, vous en faites pas. J'ai pas tout compris c'qui vient de s'passer, avec le morceau, là, sans parler d'l'oiseau... Mais on aura d'quoi festoyer, si vot' collègue arrive à en ramener un morceau... Une bonne tranche de requin géant de l'Océan Yami ! Si vous saviez comme ça fait longtemps !

Comme le vieil homme éludait délibérément le sujet concernant l'homme qui gisait à ses pieds, Juha n'insista pas, se contentant de rire de l'humeur bonhomme de son interlocuteur. Puis, tout en discutant joyeusement, malgré sa blessure, il reporta son regard sur l'horizon, où Hyaku devait avoir commencé à s'activer, probablement bien heureuse d'avoir une seconde chance d'attraper une proie digne de ce nom. Le dernier repas du pêcheur serait celui d'un roi, ou ne serait pas !
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MessageSujet: Re: pêchons! [Mission de rang V]   Dim 21 Aoû - 18:02

Décidément, Juha n'avait pas fini de me surprendre. J'allai décharger tout mon ki sur le requin mais mon compagnon prit la forme d'un condor et, en plus de stopper le monstre avant qu'il n'atteigne l'ile l'atteignit mortellement. Par instinct de survie, la bête fit demi-tour et commença à prendre le large. du côté de l'île, il semblait y avoir eu quelques problèmes mais tout avait l'air d'être reglé: le vieux Georges venait d'assommer un type qui avait tiré sur Juha, et qui se trouvait sur l'île de Georges. Je ne comprenais pas pourquoi, et d'ailleurs je me demandais toujours pourquoi des pêcheurs nous avaient attaqué. Moi qui m'attendais à une journée tranquille, j'avais finalement eu mon compte en péripéties pour aujourd'hui. Toutefois, c'était bien beau de protéger l'île d'un vieillard d'un monstre marin à la taille démesuré, de s'occuper de pêcheurs apparemment dérangés (ou juste idiots) ou encore de mettre à mal un type qui foutait je-ne-sais-quoi sur l'îlot (surement y'avait-il un lien avec les pêcheurs)mais en attendant la mission n'était pas toujours accomplie: pêcher un poisson. un simple poisson. Pourquoi fallait-il toujours que les choses les plus tranquilles prennent des proportions absurdes? Je me repris vite: ce n'était pas fini, et comme Juha venait de me crier, on avait un requin agonisant qui s'enfuyait. Il était temps de boucler la mission. Je pouvais repérer le monstre grâce à son aura, mais aussi grâce au sang qu'il laissait derrière en lui en grande quantité. Il avait plongé, mais une longue trainée de sang à la surface montrait le chemin qu'il avait prit. Je n'avais qu'à la suivre et à l'achever.

Je le suivais tout d'abord à la surface: je ne le voyais pas dans la mer, juste son ombre et il n'était pour l'instant qu'à une vingtaine de mètres sous l'eau. J'attendais de voir comment il allait se comporter: il allait pour l'instant à une vitesse extrêmement impressionnante, et j'avais du mal à le suivre. Très rapide pour sa taille, je risquais de le rater si je tentai de lui tirer dessus. Ce qui m'impressionnait surtout, c'est que malgré les trous béants qu'il avait dans son corps, il ne faiblissait pas et continuer à cette allure. Peut-être que les points vitaux n'avaient pas été touchés, ou encore qu'il était simplement très résistant et endurant. J'allai me décider à essayer tout de même de lui lancer des décharges de ki, lorsque les traces de sang qu'il laissait derrière lui commencèrent à s'affiner. Je ressentais aussi l'aura du monstre, qui avait bien baissé suite à l'offensive de Juha, remonter petit à petit. Je sentais que j'aurais besoin de faire plus que de l'achever. Et ce n'était pas tout: le monstre commença à s'enfoncer dans les profondeurs de la mer. Je n'avais plus le choix: je devais me mouiller. Je pris une grande bouffée d'air et, tout en ayant une petite pensée pour certains objets sur moi qui allaient en pâtir (le tabac mouillé pouvait-il bien se fumer?) m'enfonça à mon tour dans les profondeurs de la mer. L'eau était claire, et j'arrivais à distinguer l'immense masse du monstre aquatique. Il était temps d'en finir, il fallait que je le rattrape le plus vite possible pour le tuer, avant que mes poumons n'explosent...

C'était une des premières fois ou je plongeais ainsi dans l'eau, et je n'avais jamais encore testé mon apnée. D'après ce que j'avais lu, elle dépendait non seulement des capacités physiques, mais aussi de la race: les humains figuraient parmi ceux qui tenaient le moins longtemps. Les sayens, parmi les plus longtemps, en moyenne une demi-heure. C'était bon pour moi, ça. Mais je me souvenais aussi, malheureusement pour moi, d'une autre chose que j'avais lue: il fallait avoir de bons poumons. Avec toute la fumée qui passait dans mes poumons, je pouvais enlever au moins dix bonnes minutes à cette moyenne. Il fallait que je me dépêche, je ne pourrais pas rester sous l'eau une éternité. Le poisson allait vite, et je réfléchis tout d'abord à me transformer en super sayenne pour le rattraper: une idée vite oubliée. Avec les arcs électriques créés par le ki que cette transformation dégageait, le poisson serait électrocuté, mais moi avec. Quitte à ne pas pouvoir aller aussi vite que lui, il fallait essayer de le ralentir. Je sortis mon pistolet -qui, heureusement, n'était pas sensible à l'eau- et le transforma en fusil. Je tirai un premier coup sur le poisson et réussit à le toucher: toutefois, j'étais encore bien trop loin du monstre pour lui faire réellement effet, et l'eau, malgré tout, ralentissait la puissance de mes balles de ki, aussi puissantes soient-elles. Il fallait que je touche un point sensible. Je ne pourrais pas atteindre sa tête: j'étais derrière lui. Une idée me vint alors en tête. Tout en gardant une allure stable, je me décalai un peu sur le côté pour avoir en vue les blessures infligées par Juha au monstre: mes craintes étaient en tout cas confirmées. Des milliers de petits monstres ressemblant à des fruits de mer recouvraient le bord des blessures, et semblaient le guérir, donnant pourtant l'impression de le mordiler avec leurs petites mandibules. Toutefois, ses plaies étaient encore conséquentes et je pourrais certainement réussir à toucher l'une d'elles. Je pris mon temps pour viser, le viseur bien sur la plaie, et, alors que le monstre commençait à prendre un peu d'avance, tirai.

Touché. Le monstre poussa un cri et, ô joie, ralentit brusquement. C'était maintenant ou jamais. Ma balle lui avait fait de l'effet, mais il ne tarderait pas à reprendre son allure normale pour me semer. J'accélérai du plus que je le pouvais, et réussit à rattraper la bête. Mais le poisson s'était vite repris et avait déjà recommencer à accélérer son allure. Au dernier moment, je réussis à m'accrocher à la queue du poisson. Je le tenais, et maintenant je n'allais pas le lâcher. J'avais de plus en plus de mal à retenir ma respiration: cela ne faisait pourtant pas cinq minutes que j'étais sous l'eau, mais tous les efforts que je fournissais me fatiguais encore plus. A cette allure, je ne tiendrais pas cinq minutes de plus. De plus, plus je m'enfonçai dans l'eau, plus je me sentais écrasé, et j'avais l'impression que mes tympans allaient exploser. J'essayai de tirer le poisson vers moi, mais il n'y avait rien à faire: pris dans son élan, je ne pourrai pas le ramener comme ça. Une autre solution me vint en tête: la solution finale, une solution infaillible qui éliminerait le monstre marin à coup sur.

Je commençai alors à monter sur son dos pour rejoindre la tête. j'avais plus de force que lui et, une fois devant lui, je pourrais peut-être réussir à la stopper. Je réussis donc à aller jusqu'à sa tête tout en restant soigneusement accroché, mis mes mains juste au-dessus de sa bouche et commençait à le ralentir. Le requin essaya de changer de direction, mais en plus de le ralentir, je le tenais fermement. Il était plus rapide, l'eau était son environnement, mais je restais plus forte. Une fois qu'il fut à une vitesse qui me semblait parfaite pour accomplir mon plan, je lachai le poisson et me mis à deux mètres de lui, toujours devant lui. Il allait surement essayer de prendre une autre direction. Il n'aurait pas le temps. Toujours armé de mon pistolet, je chargeai du ki dedans et celui-ci commença à se transformer. Il prit l'apparence d'un énorme canon en moins d'une seconde. Le poisson commençait à s'enfuir, mais il était trop tard. L'énorme puissance contenue dans ce canon fut relâchée, créant un immense rayon de ki qui grilla instantanément le poisson et provoqua une énorme explosion. Des remous furent provoqués des kilomètres à la ronde, et une énorme trombe d'eau fut propulsé de la mer, créant des raz-de-marée. Mission accomplie.

Je revins sur l'île du vieux Georges, trainant ma chasse par la main droite. Le vieillard sortit, et l'étonnement sur son visage était plus qu'amusant.


"Bon dieu d'bon dieu, s'la premièr'fois qu'j'vois une p'tiote ramasser un truc comme ça! La dernière fois qu'j'en ai pris un, j'tais aidé par une dizain' d'aut' pêcheurs, maios en plus s'tait un requin géant enfant, mais là... Bon dieu d'bon dieu! T'pourras l'couper au moins?
-Oui, *dis-je avec un sourire* ne vous inquiétez pas. On se le fait, ce festin, ce soir?"

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Dur de comprendre quelqu'un quand on a besoin d'une vie entière pour se comprendre soi-même! Enfin, si tu veux essayer sur moi, voilà Ce que je suis et et ce que j'ai fait!
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Makoto
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MessageSujet: Re: pêchons! [Mission de rang V]   Lun 22 Aoû - 20:14

Hyaku = 403 lignes => 40.300 xp <:> 20.150 zénis

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- Le style : 3.500/7.500
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Juha = 250 lignes => 25.000 xp <:> 12.500 zénis

B'nus :

- Le scénario : 3.000/7.500
- L'orthographe : 4.500/7.500
- Le style : 4.000/7.500
- Originalité : 2.000/7.500
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pêchons! [Mission de rang V]

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